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Publié par Penhars infos

 

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Tous les passionnés de culture bretonne connaissent bien Yann Fañch Kemener. Et ils sont nombreux sur Penhars Infos qui l’a rencontré la semaine dernière, à Quimper.

 

Il est né à Sainte-Tréphine (22), au centre même de la Bretagne profonde, « le centre du monde », aime-t-il à dire. A 15 ans, il commence à chanter avec un ami, Rémi Ollivier, dans les festoù-noz. « J’ai eu de la chance, dit-il, de naître dans une période et dans un « pays » où l’on parlait beaucoup le breton, où la danse et le chant avaient une fonction ».

 

Le renouveau

A une période où la culture bretonne et les festoù-noz retrouvaient un magnifique essor. Dans le pays fisel et plinn, grâce à Lomig Doniou, au cercle de Rostrenen, et grâce au groupe « Tro Blavez », formé de chanteurs et de musiciens. Avec Bolloré/Grenel, Dubois/Ruellou, Calvez/Ollivier (père), les clarinettistes Boulc’h, Cozlin, l’accordéoniste Le Clunff. « Le groupe avait ses supporters qui venaient en car ! Ça te remplissait une salle ! »se souvient Yann Fañch qui les accompagnait.

 

Ce qu’il oublie de dire, c’est que quand il a commencé à chanter en couple avec Érik Marchand, en 1975, ces deux jeunes chanteurs ont rapidement drainé un groupe de fans (dont Penhars Infos) qui pouvaient traverser la Bretagne, de nuit, quand Kemener/Marchand étaient à l’affiche d’un fest-noz.

 

Prix Charles Cros

Il obtient son premier prix en 1976, au Kan ar Bobl, pour des gwerzioù. Le premier disque  des « Chants profonds de Bretagne » sort en 1977. Deux autres suivront. Ces trois volumes seront couronnés par le prix « Charles Cros » en 82. Prix qui lui sera de nouveau décerné en 2002 pour « An Dorn » où il est accompagné par le violoncelliste Aldo Ripoche avec lequel il travaille toujours.

 

Yann Fañch Kemener est devenu artiste professionnel dans les années 80. Pas facile. Mais il a rencontré des gens qui, à différents moments de sa vie, l’ont guidé dans sa démarche. Il cite Claudine Mazéas pour le collectage, Chanig Ar Gall, Ariane Ségal (maison de disques Arion) et Jean-Yves Cozan. 

 

Apprendre à transmettre

Une voix mais aussi une mémoire. Après des années et des années de collectage, Yann Fañch a « engrangé » un vrai trésor. Des chants, des mélodies, des pièces de théâtre, des contes. « Tu sais, dit-il, j’ai 300 chants à danser ». Son plus grand souhait, maintenant, est de transmettre ce savoir. Pour bien transmettre cet héritage, il a décidé de s’inscrire à un stage de formation de…formateurs, à l’AFPA de Brest. Neuf mois de stage, cinq jours par semaine. Et ça commence le mois prochain. « J’ai besoin, explique-t-il, de maîtriser les outils pédagogiques, d’apprendre la gestion de groupes… ».

 

D’autres projets

Avec Aldo Ripoche, il travaille sur une série de trois ou quatre albums de musique traditionnelle et baroque, un peu dans l’esprit des « Quatre saisons ». Après « Bientôt l’été » où s’harmonisent la voix, le clavecin, l’alto, le violon et le violoncelle, sortira en 2011 « Toujours l’hiver », avec voix, violon, violoncelle et théorbe (grand luth).

 

Joies et indignations

« J’ai toujours fait des choses qui me plaisaient », reconnaît Yann Fañch, « avec des moments forts comme « L’héritage des Celtes », le travail avec Didier Squiban, la création du groupe « Barzaz » etc., j’ai fait des rencontres très intéressantes sur les plans humain et professionnel. Mais je suis révolté qu’à une certaine époque, on ait interdit aux enfants de parler le breton, leur langue maternelle. C’était une atteinte à leur identité. Et je déplore que maintenant, les artistes bretons ne passent jamais sur les télés nationales. Il  semble impensable que nous puissions créer quelque chose de qualité dans notre langue ». Et pourtant…

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Commenter cet article

Michel 09/02/2010 16:26


Coucou, yann fanch. Quelle surprise de te voir sur Penhars Infos. Bon courage pour ton stage de formateur. J'espère qu'on te verra un peu pendant les vacances.


nicole 08/02/2010 18:44


Merci pour cette biographie sur Yann Fañch Kemener, elle est très intéressante. Je ne savais pas qu'Eric Marchand et lui avaient chanté ensemble. Cela devait être formidable à écouter.