Autour du monde

Archives

Météo

Publié par Penhars infos

 En 60 ans, plus de 200 sonneurs ont reçu la "  Plume de Paon ". Parmi eux, Youenn Sicard et Alan Stivell.

 

A l’occasion du 60e Trophée de la Plume de Paon, le concours qui chaque année consacre le meilleur couple de sonneurs en biniou koz et biniou braz sur des airs de différents terroirs, le Festival de Cornouaille a souhaité que la BAS rassemble à Quimper tous les sonneurs qui ont reçu cette distinction.

 

Ils se sont retrouvés, samedi midi, dans la cour du Musée breton. A cette occasion, Martial Pézennec, ancien président de la BAS, a prononcé un discours très intéressant. En voici de larges extraits.

 

“ Monsieur  le  Président  du  Festival  de  Cornouaille, Chers amis sonneurs, Mesdames,  Messieurs,

 

Lorsque le Comité du Festival de Cornouaille m'a demandé de prendre la parole au nom  des sonneurs ayant remporté la Plume de Paon, j'ai pensé qu'il pouvait être intéressant de se rémémorer les origines de ce concours et ce que celui-ci a pu apporter au monde de la musique traditionnelle bretonne au cours de ces soixante années.

 

Et de situer tout d'abord le contexte dans lequel il a été créé en 1949, au sortir de la dernière guerre. La culture bretonne, à l'image d'ailleurs de nombreuses autres régions françaises, payait à prix fort la volonté centralisatrice de l'Etat français, dont le but poursuivi était l'aliénation des cultures spécifiques de ces dernières, et, notamment à travers la disparition de leurs langues, d'annihiler tout particularisme identitaire.

 

Mais c'était sans compter avec les gens de chez nous, particulièrement attachés à leurs racines. Partout en Bretagne, des hommes et des femmes prirent leur destinée en mains, et le mouvement culturel breton connut dès l'après-guerre un essor inespéré, grâce à la création de groupements, d'associations, de fédérations de toutes sortes oeuvrant vers un but commun.

 

Pour nous, sonneurs, il devenait urgent d'assurer la relève des quelques couples d'anciens sonneurs encore en activité, hélas très âgés, lesquels risquaient de disparaître avec leur savoir-faire, leurs styles, leurs répertoires. Grâce à la création de Bodadeg Ar Sonerion (Assemblée des Sonneurs de Bretagne), plus connu par son sigle B.A.S., véritable école de formation à la musique bretonne, nous allions assister à l'éclosion d'une nouvelle génération de sonneurs marchant sur les traces de leurs aînés, et soucieux de participer à l'animation de la vie de leurs concitoyens.

 

Parallèlement, avec le développement continu des Cercles Celtiques sur tout notre territoire dès la fin de la dernière guerre, lesquels s'engageaient délibérément dans le renouveau des danses et autres traditions populaires, particulièrement en zone rurale, le besoin de sonneurs aptes à accompagner les danses de nos divers terroirs se faisait toujours plus pressant. Et, hélas, on ne pouvait former des sonneurs en quelques mois.


Développement des Cercles Celtiques, mais aussi des fêtes bretonnes, des festivals et autres manifestations populaires, qui réclamaient la présence toujours accrue de meneurs de talent.

C'est pour apporter une pierre supplémentaire à cet édifice encore fragile que fut créé le Concours des  Sonneurs des Fêtes de Cornouaille.

Se plaçant sur un terrain différent du Championnat de Bretagne à Gourin, où chaque couple devait s'en tenir au répertoire de son propre terroir, M. Polig Monjarret, fondateur et animateur de la B.A.S., et M. Fanch Bégot, président du Comité des Fêtes de Cornouaille, estimèrent qu'il était nécessaire de favoriser les sonneurs que leurs fonctions multiples amenaient à cotoyer les différents styles du répertoire traditionnel breton. Principalement dans le domaine de l'accompagnement des danses.

 

Avec au programme de ce concours, trois danses de trois terroirs différents, imaginons les difficultés rencontrées à l'époque par les concurrents. Et l'obligation faite à ceux-ci (au moins 25 couples chaque année) d'élargir le domaine de leurs connaissances musicales. …

 

Chaque année, avec Jean Guihard,  je sollicitais des meilleurs sonneurs de chaque terroir leur concours pour le spectacle. Et tous acquiescaient volontiers, fiers de l'honneur qui leur était fait. Bien entendu, les Cercles ont depuis longtemps résolu leurs problèmes musicaux, et de belle manière !

 

Depuis soixante années, cette confrontation entre sonneurs traditionnels ne s'est jamais écartée de la ligne tracée par ses créateurs, assurant ainsi une saine émulation au sein de notre grande famille, au point que toute la fine fleur des sonneurs de notre pays a, à un moment ou un autre, participé à cette épreuve.

 

Monsieur le Président Le Viol, cher ami, en organisant tous les dix ans cette rencontre  des lauréats de la Plume de Paon, votre comité apporte la preuve de l'intérêt qu'il porte au monde des sonneurs traditionnels et de sa considération envers ceux qui ont honoré ce Concours des Fêtes de Cornouaille. Nous vous en sommes reconnaissants. …

 

A vous tous, Mesdames et Messieurs qui avez choisi de passer avec les sonneurs cet instant des retrouvailles, merci de l'honneur que vous nous faites, et, après t'avoir adressé, cher Jean-Michel, tous nos remerciements pour cette réception, il me reste à souhaiter que les épreuves des concours de ce jour consacrent une fois de plus l'élite de nos musiciens bretons !

 

Et que le Festival de Cornouaille, après une semaine déjà bien remplie, se termine en apothéose, pour le plus grand renom et l'honneur de Quimper bien sûr et de notre Bretagne ! “.

 

Martial Pézennec

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article